DERRIÈRE
Derrière les taches de peaux - les ont-ils choisies ? - des épidermes en drames des monstres en devenir, des fantasmes en cascades.
Des armes indélébiles pour se défendre, mais de quoi ? Du monde extérieur ou des démons qui combattent au fond de nous ?
Le peintre brave la couleur, grotesque les formes sans concession, kadéidoscope des fragments de nos âmes, éclairant les détails de nos enfermements et de nos fétichismes. Il scrute ces mauvaises consciences que l’on voudrait (se) cacher sous des dessins oniriques parodiant les grands mythes.
Derrière ces chairs couvertes des symboles d’une société tyrannisante, les phosphorescences des secrets se laissent voir quand notre conscient s’endort. et l’impur rivalise avec l’impudeur, le beau avec l’acceptation des maux...
Pourtant, derrière ce pessimisme provocateur qui nous renvoie
à nos angoisses séculaires, se cache peut-être aussi l’espoir d’un autre monde, plus beau, à sauver.
Peu-être est-ce dans la contemplation des supplices et l’ecoute des cris humains-même refoulés, même muets - qu’il faut aller chercher les antidotes à la violence ?
Le peintre, en tout cas, nous livre ce possible.

J.L.D.

 

Il est toujours difficile pour moi de parler de ma peinture et la présenter encore plus; c’est comme demander à un écrivain d’illustrer son roman à l’aide de grands tableaux... Ce ne serait probablement pas chose facile pour lui. Néanmoins, je vais essayer...
Depuis l’enfance, je peins... j’ai poursuivi des études artistiques (École des arts appliqués, Paris) avant de m’engager dans le dessin textile que j’ai laissé plus ou moins de côté afin de me consacrer entièrement à la peinture sur toile.
Cependant, l’expérience acquise pendant mon métier de dessinateur textile a inspiré mon travail sur toile. En effet par un heureux hasard, les techniques utilisées en textile m’ont permis de passer à la réalisation de tableaux, libérant mon expression.
Mon travail est basé principalement sur une recherche concernant le tatouage, qui m’offre la possibilité de traiter une infinité de sujets. Le tatouage est indélébile; il implique une décision irrémédiable, il imprime une marque éternelle.
Une des techniques utilisées en phase terminale de réalisation d’un tableau peut anéantir mon travail entièrement
et donc m’obliger à tout recommencer dès le départ. Cette technique hasardeuse me permet d’accentuer l’effet d’urgence que j’affectionne particulièrement. Par contre, les thèmes des tableaux eux, ne sont jamais aléatoires. Ils illustrent mes obsessions que je “marque” par des tatouages.
L’utilisation de pigments phosphorescents dans certains de mes tableaux dévoile comme une image subliminale qui ne prend vie qu’en pleine obscurité (après avoir éclairé vivement le tableau) comme pour révéler une âme enfouie derrière cette lumière.
Depuis quatre ans, j’essaye de créer à l’aide d’une centaine de tableaux, un monde où mes phantasmes, mes désirs et préoccupations tel que la passion où l’amour se matérialisent à jamais afin d’éxister toujours.
Voici quelques uns de mes tableaux. J’espère qu’ils vous procureront autant de plaisir que j’en ai eu à les réaliser.

J.M.


Installez-vous. Là...Laissez-vous faire ! Taisez-vous et regardez. Ca y est ? Vous êtez prêts ? Que voyez-vous ? ? ?
Des formes, des traits, des couleurs vous envahissent. Vous êtes surpris par ces explosions et votre esprit cartésien ne comprend plus tout à fait... C’est normal. L’art exite pour être perçu et non compris. Soyez docile et tout ira bien. Car il n’est pas aisé de percevoir immédiatement la complexité des lignes et des nuances sans laisser travailler son imagination et sans libérer ses propres inhibitions. Pour cela, vous devrez vous laisser guider par l’artiste qui nous donne nombre d’impressions kaddéidoscopiques faites d’empreintes, de marques et de contours obsessionnels. Le secret, c’est deviner le secret.
Une fois le secret elucidé, il vous sera facile de voir que le corps est chez Jérôme Marichy un sujet de prédilection et qu’il le conjugue à tous les temps sensuels et sexuels. Les mains, les pieds sont ornés de tatouages qui réhaussent leurs beautés. Quant au cuir, aux baillons, aux talons aiguilles, aux chaines et aux baskets, ils viennent les agrémenter.
Choqués ? Prudes, faites-vous violence !!!
Séduits ? Dévergondés, un peu de maîtrise !!!
De toutes les façons, laissez-vous ravir par les tableaux de Jérôme Marichy qui sont des miroirs où chacun se doit de remercier le peintre qui, en se dévoilant un peu, nous libére beaucoup.


T.J.

L’OEIL DU BAGNARD


Dans la solitude de son atelier un homme découpe des journaux et des photos.
Son allure, et son travail accompli dans le silence, me rappellent celle d’un bagnard.
Sur les morceaux de papiers découpés, des scènes et des visages. que l’homme vide, par un procédé de photocopie et d’agrandissement, de chaque couleur et même de chaque signification. Ce qu’il en reste, il le colle sur une toile, et à partir de ce moment, il essaie de graver - ou - de tatouer ? - à l’aide d’encre et de pinceaux, un <<quelque chose>> propre à lui-même, un instant ou une émotion fixé pour toujours sur la peau de la toile.Une façon de défier le temps, le temps avec lequel tout s’en va...
Comme un bagnard qui purge ses crimes qui sont aussi sa gloire, l’homme peuple ses toile de secrets, de violence. Tout d’abord confus et obsédants comme les débris d’un mur arrachés à une cité interdite dans ses premiers ouvrages, ses fantasmes prennent une forme définitive dans les toiles suivantes. Baisés violes avec un revoler à la gorge (Roméo et juliette, an 2000) et combats de gladiateurs sans espérances de survie (Le squal blanc).
Le rire spasmodique du <<sniffer>> de poppers (Le diable est anglais) se déforme dans la jouissance douloureuse d’un visage écrasé (Slippering fetishist). Son chemin se peuple de fantasme (Fetichisme des chaussures de sport). Martyrise son corps (Contorsions), déchire chaque pudeur à (Fleur de pellies) pour être témoin, peu-être, d’un sanglant (Acte ultime).
Sans se donner de trêve, l’oeil perce un trou dans la lumiére (Big brother) et à l’aide de pigments phosphorescent retrouve, jour et nuit, ses propres (Obsession), sorte de back room peuplée de monstres (Dragon fly) où même le cri est bâillonné (Voix off).
Dans cette presque insupportable trajectoire, quelques débris de tendresse. Tendresse par ailleurs réservée uniquement au genre animal (La prune),(With momo), ou encore, au souvenir d’un sourire (Tom,l’homme bleu). Il faut aussi y entrevoir une possible liberation, le jour ou ce bagnard pourra regarder avec un peu plus de pitié les autres, et surtout lui-même. Car sans cette <<pitié>>, c’est à dire sans la compréhension et la compassion des pulsions de l’être humain, tout se réduirait à un jeu graphique narcissique et inutile.
mais le bagnard ne connait pas ce que le destin lui réserve.
Dans la solitude de son atelier, il continu à graver sur la peau de ses toiles des scénes et des visages. Et pour l’homme ce qui compte, c’est cet instant où il peut défier le temps, ce temps avec lequel tout s’en va...

E.C.

Jérôme Marichy crée une peinture qu’il définit comme politique. Chaque tableau représentant un concept ou une idée autonomes. Il utilise des techniques mixtes qui vont de la gouache à l’acrylique en passant par le marouflage des toiles et le photomontage d’images. En 2000, on constate l’intégration d’éléments électriques et-ou stroboscopique inaugurant l’apparition d’images animées ou d’animations (intégration de consoles de jeux). Depuis 2004, Jérôme Marichy poursuit son exploration de l’image animée par l’intégration d’écrans télés de 7 à 10 pouces dans chaque tableau. À la représentation de l’œuvre s’ajoute le film vidéo qui vient redoubler et aider la lecture picturale. L’image correspond au mode d’emploi du tableau. À l’œuvre picturale unique se juxtapose une vidéo spécifiquement crée pour le tableau. À l’heure de l’art polycopiable et duplicable à l’infini, Jérôme Marichy s’oppose et se différencie. Chaque vidéo est unique et spécialement crée pour le tableau. Ces vidéos mode d’emploi des tableaux intègrent des séquences de la vie ordinaire (flux et reflux des vagues, la montée d’un ascenseur), la recopie syncopée d’images, des jeux vidéos représentant la jeunesse des années 80-90, mais aussi des films porno hétéros ou homos. Certains tableaux possèdent un système automatique de détection de mouvement pour se mettre en lumière et en vie à l’approche duspectateur afin de l’accaparer. Car depuis qu’il crée des peintures, Jérôme Marichy pense que cet art est mort et que la vidéo vient insuffler un désir actuel de saisir l’œuvre picturale. Dans un monde de l’image animée et de sa multiplication à outrance, la peinture de Marichy redonne un caractère unique aux représentations. Car Jérôme Marichy reste un peintre avant tout.

E.R. mai 2005

TEXTES PEINTURES ET INSTALLATIONS GLOBES

    Depuis l’enfance, je peins...issu de l'esprit du pop art, des couleurs, de sa

   culture, et de sa liberté j'ai pu grâce à la bienveillance de mes parents,

   poursuivre des études artistiques (École des arts appliqués, Paris) avant de 

   m’engager dans le dessin textile que j’ai laissé plus ou moins de côté  afin de me

   consacrer  entièrement  à la peinture sur toile.    Cependant, l’expérience

   acquise pendant mon métier  de dessinateur textile a inspiré mon travail sur 

   toile. En effet par un heureux hasard, les techniques utilisées en textile m’ont 

   permis de passer à   la  réalisation  de  tableaux, libérant  mon  expression.   

   Mon  travail  est  basé principalement sur une recherche concernant le tatouage,

   un  langage, qui m’offre la   possibilité de traiter une infinité de sujets.   Le 

   tatouage est indélébile;  il  implique  une  décision  irrémédiable,  il  imprime  une   

   marque  éternelle.  Une  des  techniques utilisées en phase finale de réalisation

   d’un tableau peut anéantir mon travail entièrement et donc m’obliger à  tout

   recommencer dès le départ.  Cette technique hasardeuse me  permet

   d’accentuer  l’effet  d’urgence que  j’affectionne particulièrement. Par contre, les

   thèmes des tableaux eux, ne sont jamais aléatoires. Ils illustrent mes 

   obsessions  que  je  “marque”  par  des  tatouages.    L’utilisation  de  pigments 

   phosphorescents  dans certains de mes tableaux dévoile comme une image

   subliminale qui ne prend vie qu’à la nuit tombée, comme pour révéler une âme

   enfouie derrière  cette  lumière.   Ainsi  que  d’autres  tableaux  possédant  un 

   moniteur  vidéo de 7 à 10 pouces ayant un film autonome et unique créant un 

   lien entre le spectateur et l'œuvre.  

   J'essaye donc de créer à travers, plus de deux cents tableaux, un monde où

   mes phantasmes, mes désirs et préoccupations et observations, tel que la

  passion où l’amour ainsi que la comédie humaine se matérialisent à jamais afin

  d’exister toujours.  La série plus récente des "boxers figther's" exulte, plus pour

  moi, le constat d'une  société  devenant  de  plus  en  plus  primaire  en 

  enfouissant  son  inconscient   collectif;  que  d'une glorification de l'homme tout

  puissant, de son image, et du nihilisme moderne.


INSTALLATIONS GLOBES

Les installations globes sont uniques, chacune des installation est autonome, mélange de pièces choisies. Métal, plastique, verre, bois, matières composites, tissus, papier, éléments électriques et électroniques, leds, diodes, diaporamas, films uniques dans certaines œuvres, alimentées par secteur 250 volts ou par transformateur basse tension.    Elles sont toutes sous globe de verre.

Pour des dimensions allant de 10 cm de haut pour 5 cm de diamètre à plus de 70 cm de hautpour 40 cm de diamètre.   Entrée dans le monde des curiosités de Jex.eX. (Jérôme Marichy) qui vous ramènera aux souvenirs de l'enfance telle une madeleine de Proust, et vous propulsera dans le monde d'Alice au

pays des merveilles, et de l'étrange. Un parcours à la rêverie moderne.