DERRIÈRE
Derrière les taches de peaux - les ont-ils choisies ? - des épidermes en drames des monstres en devenir, des fantasmes en cascades.
Des armes indélébiles pour se défendre, mais de quoi ? Du monde extérieur ou des démons qui combattent au fond de nous ?
Le peintre brave la couleur, grotesque les formes sans concession, kadéidoscope des fragments de nos âmes, éclairant les détails de nos enfermements et de nos fétichismes. Il scrute ces mauvaises consciences que l’on voudrait (se) cacher sous des dessins oniriques parodiant les grands mythes.
Derrière ces chairs couvertes des symboles d’une société tyrannisante, les phosphorescences des secrets se laissent voir quand notre conscient s’endort. et l’impur rivalise avec l’impudeur, le beau avec l’acceptation des maux...
Pourtant, derrière ce pessimisme provocateur qui nous renvoie
à nos angoisses séculaires, se cache peut-être aussi l’espoir d’un autre monde, plus beau, à sauver.
Peu-être est-ce dans la contemplation des supplices et l’ecoute des cris humains-même refoulés, même muets - qu’il faut aller chercher les antidotes à la violence ?
Le peintre, en tout cas, nous livre ce possible.


Jean-Louis DUPERRAY

 

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