Jérôme Marichy crée une peinture qu’il définit comme politique. Chaque tableau représentant un concept ou une idée autonomes. Il utilise des techniques mixtes qui vont de la gouache à l’acrylique en passant par le marouflage des toiles et le photomontage d’images. En 2000, on constate l’intégration d’éléments électriques et-ou stroboscopique inaugurant l’apparition d’images animées ou d’animations (intégration de consoles de jeux). Depuis 2004, Jérôme Marichy poursuit son exploration de l’image animée par l’intégration d’écrans télés de 7 à 10 pouces dans chaque tableau. À la représentation de l’œuvre s’ajoute le film vidéo qui vient redoubler et aider la lecture picturale. L’image correspond au mode d’emploi du tableau. À l’œuvre picturale unique se juxtapose une vidéo spécifiquement crée pour le tableau. À l’heure de l’art polycopiable et duplicable à l’infini, Jérôme Marichy s’oppose et se différencie. Chaque vidéo est unique et spécialement crée pour le tableau. Ces vidéos mode d’emploi des tableaux intègrent des séquences de la vie ordinaire (flux et reflux des vagues, la montée d’un ascenseur), la recopie syncopée d’images, des jeux vidéos représentant la jeunesse des années 80-90, mais aussi des films porno hétéros oui homos. Certains tableaux possèdent un système automatique de détection de mouvement pour se mettre en lumière et en vie à l’approche duspectateur afin de l’accaparer. Car depuis qu’il crée des peintures, Jérôme Marichy pense que cet art est mort et que la vidéo vient insuffler un désir actuel de saisir l’œuvre picturale. Dans un monde de l’image animée et de sa multiplication à outrance, la peinture de Marichy redonne un caractère unique aux représentations. Car Jérôme Marichy reste un peintre avant tout.

ERIK REMES mai 2005

fermer la fenêtre